Cet article s’adresse à un certain type d’écrivain. Vous aimez le travail d’écriture proprement dit. Vous ne voulez pas d’un outil qui écrive vos scènes à votre place, et vous reconnaissez la prose générée à dix mètres. Pourtant, vous avez le même problème que tout romancier : personne n’a lu le livre entier avec assez d’attention pour vous dire où il casse.
La plupart des logiciels d’écriture équipés d’un modèle de langage résolvent ce problème en écrivant encore davantage de votre livre à votre place. C’est exactement le contraire de ce que vous demandiez. Cet article parle de l’autre voie.
Réponse courte : si vous cherchez une alternative à Sudowrite qui n’écrive pas votre livre à votre place, il vous faut un outil qui lit et analyse votre manuscrit entier et le vérifie, pas un générateur. Vellam lit votre roman chapitre par chapitre, suit chaque personnage et chaque fil narratif, vous dit à quel point la prose sonne mécanique et ne modifie jamais votre texte de lui-même. Le modèle de langage de Vellam aide à trouver des idées, pas à produire de la prose toute faite, donc chaque mot reste le vôtre.
Ce que « slop » veut vraiment dire
Le slop, c’est la prose générique, un peu trop léchée, la prose par défaut que produisent en général les générateurs de texte. Elle est grammaticalement impeccable et parfaitement anonyme. Elle se lit comme tout le monde et comme personne.
Pour un écrivain attaché à son métier, cela ne coûte pas seulement le style, mais aussi le sentiment que le livre est le sien. Les utilisateurs de Sudowrite décrivent eux-mêmes cette impression : le logiciel peut être « davantage le conducteur, pendant que vous n’êtes que passager », et une critique notait qu’il n’est « probablement pas le bon outil si vous aimez vraiment l’artisanat de l’écriture ». Ce n’est pas un reproche fait à un logiciel qui accomplit sa tâche. C’est le signe que sa tâche n’est pas la vôtre.
Le vrai problème, auquel les générateurs ne touchent pas
Vous n’avez pas besoin d’aide pour produire des mots. Vous avez besoin de ce qu’un générateur ne peut pas vous donner : un lecteur attentif qui a absorbé les quatre-vingt-dix mille mots et se souvient encore du chapitre 3 en lisant le chapitre 31.
C’est là que se trouve la vraie difficulté :
- Les bêta-lecteurs ne donnent plus de nouvelles. Vous envoyez un manuscrit terminé à quatre personnes et, des semaines plus tard, aucune ne vous a répondu.
- Une direction littéraire structurelle coûte de l’argent, souvent plusieurs milliers pour un roman complet.
- Les agents conversationnels généralistes oublient. ChatGPT, Claude et Gemini peuvent commenter un passage, mais aucun ne suit ce que vous construisez chapitre après chapitre. Chaque requête repart de zéro.
Il vous reste donc à passer votre propre manuscrit au crible à la main, et c’est précisément ce travail qui déraille au-delà de soixante mille mots.
Comment les options se comparent
| Outil | Lit le roman entier chapitre par chapitre | Surveille la cohérence entre les chapitres | Détecteur intégré de texte de machine | Chaque mot reste le vôtre |
|---|---|---|---|---|
| Vellam | Uniquement dans Vellam | Uniquement dans Vellam | ||
| Sudowrite | ||||
| Marlowe | ||||
| ProWritingAid | ||||
| ChatGPT, Claude, Gemini |
Marlowe est centré sur l’analyse, mais indique que rester fidèle à vos propres règles « dépend de vous », si bien que la cohérence fine n’est couverte qu’en partie. ProWritingAid fonctionne le mieux scène par scène et ne travaille qu’en anglais. Les agents conversationnels généralistes lisent un passage, mais ne suivent pas le livre d’un chapitre à l’autre.
La place de Vellam
Vous importez votre manuscrit et Vellam le lit chapitre par chapitre, comme le fait un lecteur. Après chaque chapitre, Vellam met à jour ce qu’il sait : fiches des personnages, lieux, fils narratifs encore ouverts. Il construit ainsi un Atlas de l’intrigue, avec une fiche pour chaque personnage, chaque lieu et chaque fil narratif, tenue à part pour chaque chapitre, et des cartes de chaleur qui montrent où quelqu’un disparaît pendant un moment. Ensuite, Vellam désigne ce qui ne tient pas : la couleur des yeux qui change d’un chapitre à l’autre, un lieu décrit de deux façons, un fil narratif encore ouvert à la fin.
Vellam intègre aussi un détecteur. Lancez-le sur un chapitre ou sur tout le livre et il indique à quel point la prose sonne mécanique et surligne les phrases les plus faibles, exactement l’analyse qu’une maison d’édition ou un concours d’écriture pourrait faire. À côté, une couche gratuite fondée sur des règles signale les clichés, les mots de remplissage, les verbes faibles, les tournures passives et les répétitions dans votre propre prose (pour l’instant en polonais, anglais, allemand et espagnol). Si vous voulez tenir le slop à l’écart de votre livre, c’est avec ces deux outils que vous le faites, avec vos propres mots.
Un générateur d’idées, pas un générateur de prose
C’est la partie que l’on néglige. Vellam est plus qu’un lecteur, mais ce n’est pas un prête-plume. Vous écrivez votre roman entier dans l’éditeur intégré, et le modèle de langage de Vellam est un partenaire de réflexion : il explore des pistes d’intrigue avec vous, discute d’un personnage et désigne une phrase qui pourrait être plus forte. Ce qu’il ne fait pas, c’est vous donner de la prose toute faite à coller. Il n’y a pas de bouton d’insertion, rien n’est écrit dans votre manuscrit, et toute la conception part du principe que vous écrivez chaque ligne avec vos propres mots. C’est justement pour cela qu’il convient à un écrivain qui refuse de laisser une machine écrire le livre.
Vous gardez la main
Venons-en à la partie honnête, car c’est tout l’enjeu. Vellam utilise des modèles de langage et propose bel et bien une aide facultative. La différence tient à qui dirige et à ce qui change. Les suggestions apparaissent dans un panneau latéral. Rien n’est jamais écrit de lui-même dans votre manuscrit. Si vous ne faites rien d’une suggestion, votre texte reste exactement tel que vous l’avez écrit. Votre manuscrit ne sert pas non plus à entraîner un modèle.
Construit avec des écrivains et des maisons d’édition, et vite
Vellam se construit publiquement, avec les personnes qui l’utilisent. Il existe un tableau de retours public où écrivains et maisons d’édition publient des demandes, votent et voient lesquelles sont en cours de déploiement, et nous lisons tout et y donnons suite. La feuille de route est fixée à la fois par des romanciers en activité et par des maisons d’édition, et les nouvelles fonctions arrivent vite. Le but est l’outil que les écrivains veulent vraiment, fait avec eux, pas une machine qui écrit le livre à leur place.
Fonctionne dans votre langue
L’interface de Vellam et l’analyse des manuscrits fonctionnent en douze langues, dont le français. La plupart des alternatives reposent sur des moteurs anglophones (ProWritingAid, AutoCrit et Marlowe le disent eux-mêmes), ou laissent un modèle improviser dans les autres langues. Si vous écrivez en français, cela fait une différence.
Pour qui c’est fait, et pour qui ça ne l’est pas
C’est pour vous si vous voulez écrire chaque mot vous-même et faire lire attentivement votre livre terminé, sans que rien ne soit modifié dans votre dos.
Ce n’est pas pour vous si vous cherchez en réalité un outil qui esquisse des scènes à votre place quand vous êtes bloqué. C’est un vrai besoin, et un coauteur centré sur la génération y répond mieux. Aucun de ces choix n’est mauvais. Ce sont des tâches différentes.
Questions fréquentes
Vellam écrit-il ou réécrit-il mon roman ?
Non. Le modèle de langage de Vellam est un générateur d’idées : il explore des pistes et désigne des phrases qui pourraient être meilleures, mais il ne vous donne jamais de prose toute faite à coller. Vous écrivez chaque ligne avec vos propres mots.
Quelle différence avec le fait de demander à ChatGPT d’évaluer mon chapitre ?
Un agent conversationnel généraliste évalue le passage qu’on lui soumet et ne se souvient pas de ce qui précède. Vellam lit le roman entier chapitre par chapitre et suit les personnages et les fils narratifs à travers tous les chapitres.
Vellam vérifie-t-il si ma prose semble écrite par une machine ?
Oui. Vellam intègre un détecteur qui attribue un score à un chapitre ou au livre entier et surligne les phrases qui sonnent le plus mécaniques, pour que vous voyiez ce que verrait l’analyse d’une maison d’édition.
Vellam utilise-t-il mon livre pour entraîner des modèles ?
Non. Votre texte ne sert pas à entraîner un modèle.
Puis-je quand même utiliser un générateur à côté ?
Oui. Si un générateur vous aide à vous débloquer, écrivez votre premier jet avec lui, puis passez le manuscrit terminé dans Vellam pour vérifier la cohérence, le texte de machine et la structure. Les deux ne s’excluent pas.